Le premier IRM d'un orgasme féminin

Publié le par Mathieu Zeugma

 

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La recherche avance, dans des domaines un peu surprenants parfois, comme nous l'apprend cet article du Guardian publié récemment. J'en effectue ici la traduction.

 

Article original à l'adresse :

http://www.guardian.co.uk/science/2011/nov/14/female-orgasm-recorded-brain-scans?mobile-redirect=false

 

 

 

L'orgasme féminin capturé par une série de radios cérébrales

(Female Orgasm captured in series of brain scans)

 

par Ian Sample, The Guardian, le 14 Novembre 2011

 

Ce film aidera les scientifiques à comprendre comment le cerveau féminin mène la symphonie d'activité qui mène à un orgasme.

 

Des scientifiques ont utilisés des radios du cerveau pour créer le premier film au monde d'un cerveau féminin alors que celui-ci s'approche, vit et se remet d'un orgasme. L'animation révèle l'augmentation régulière d’activité du cerveau, concernant des zones qui s'animent peu à peu pour s'unir dans un crescendo d'activité et pour ensuite redescendre à nouveau.

 

Pour réaliser cette animation, les chercheurs se sont « branchés » sur le cerveau d'une femme couchée dans un appareil d'imagerie à résonance magnétique (IRM) en marche, tandis qu'elle se masturbait. Cette expérience aidera les scientifiques à comprendre comment le cerveau féminin mène la symphonie d'activité qui le mène à l'orgasme.

 

En étudiant les gens qui ont des orgasmes, le professeur Barry Komisaruk, un pychologue de l'Université de Rutgers dans le New Jersey, espère avec l'aide son équipe découvrir ce qui ne va pas chez les hommes et les femmes qui n'arrivent pas à atteindre d'orgasmes.

 

L'animation a été réalisée à partir de radios séquentielles de Nan Wise, une doctorante de 54 ans qui est aussi sexologue au laboratoire de Komisaruk. « C'est ma dissertation, déclare Mme Wise au Guardian . Je me dévoue à ça. »

 

Ce film de cinq minutes montre comment l'activité de 80 régions du cerveau change, par des captures réalisées toutes les deux secondes. Cette animation utilise une échelle de couleur qui commence au rouge foncé et qui progresse, en passant par le jaune et l'orange, jusqu'au blanc qui représente le plus haut niveau d'activité.

 

« Le but général de cette recherche est de comprendre comment l'orgasme se construit en partant d'une stimulation génitale et d'identifier quelles régions du cerveau sont mobilisées pour finalement construire un orgasme. » déclare le professeur Komisaruk, qui a présenté lundi son travail au congrès annuel de neurosciences à Washington. Ce travail a déjà été publié dans un journal.

 

Au cours du déroulement de l'animation, on voit une activité se construire dans la zone génitale du cortex sensoriel, en réponse à une stimulation de cette région. Cette activité s'étend ensuite vers le système limbique, une collection de structures cérébrales impliquées dans les émotions et la mémoire à long terme.

 

Tandis que l'orgasme arrive, Cette activité se sépare en deux dans deux parties du cerveau appelées le cerebellum et le cortex frontal, peut-être à cause d'une tension musculaire plus importante. Pendant l'orgasme, l'activité atteint un pic au niveau de l'hypothalamus, qui sécrète une substance chimique appelée oxytoxine qui provoque une sensation de plaisir et des contactions de l’utérus. L'activité atteint aussi un pic dans le nucleus accumbens, une zone liée à la récompense et au plaisir.

 

Après l'orgasme, l'activité de ces régions baisse graduellement.

 

« C'est un bel enchaînement de l'activité du cerveau digne d'une étude, déclare Komisaruk. Nous espérons que ce film, une représentation dynamique de la construction graduelle de l'activité cérébrale vers l'orgasme, suivie d'une analyse, servira notre compréhension des conditions pathologiques comme l'anorgasmie en révélant l'endroit où le processus séquentiel cérébral est défaillant. »

 

Utilisant une technique développée par Komisaruk, les gens passant un scanner peuvent voir leur activité cérébrale presque instantanément. A travers ce « retour neurobiologique », Komisaruk suppose que les gens pourraient être capables d'appendre comment changer leur activité cérébrale, un exploit qui pourrait peut-être traiter une large gamme de pathologies, comme l'anxiété, la dépression et la douleur.

 

« Nous utilisons l'orgasme comme moyen de produire du plaisir. Si nous pouvons découvrir comment activer le régions dédiées au plaisir dans le cerveau, alors nous pourrons envisager de plus large applications » déclare-t-il.

 

http://mathieu.zeugma.over-blog.com/

 

 

 

 

 

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