Plagiat et incompétence : l'Ukraine touchée au plus haut niveau

Publié le par Mathieu Zeugma

 

Nous ne sommes pas les seuls à douter de la compétence de nos élites : il en est de même en Ukraine en ce moment, là où le président est actuellement accusé de plagiat pour son livre « l'opportunité ukrainienne ». Les excuses, comme d'habitude, sont plus que fumeuses et on se demande si en Ukraine cette affaire aboutira, comme trop souvent cela arrive chez nous dans des affaires de plagiat lorsqu'elles touchent quelqu'un d'important, par une impunité totale du copieur-colleur incriminé.

J'ai ici traduit un article issu des blogs du New York Times. L'article original se trouve à l'adresse : http://thelede.blogs.nytimes.com/2011/10/27/ukraines-president-accused-of-plagiarism/?ref=europe

 

 

Le président ukrainien accusé de plagiat

(Ukraine's president accused of plagiarism)

 

par J. David Goodman

 

L'éditeur d'un nouvel ouvrage écrit en anglais à propos de l'Ukraine le décrit comme "un guide pratique pour les investisseurs potentiels!"

 

Peut-être que c'est ce qu'il est. Mais le livre intitulé «Opportunity Ukraine" (l'opportunité ukrainienne), n'est certainement pas un guide pratique pour les écrivains.

 

C'est parce que l'auteur, le président du pays, Viktor F. Ianoukovitch, est poursuivi depuis près de deux mois par des accusations selon lesquelles il aurait plagié certaines parties de son livre sur toute une gamme de textes, dont les discours d'autres politiciens, des articles de magazine et le mémoire d'un étudiant.

 

Pour William Pawlowsky, un ancien journaliste ukraino-canadien vivant à Montréal, ces accusations de plagiat ne sont pas surprenantes. "Quelqu'un pense-t-il sincèrement que le président sortant de l'Ukraine est capable d'utiliser une plume et du papier pour écrire ? De pondre un livre en entier? " a écrit M. Pawlowski en septembre sur le site d'informations indépendant « Ukraine Business Online », peu après la publication du livre. «Il est tout à fait normal pour le dirigeant d'un pays de vouloir présenter une image positive de son pays. Toutefois, l'image de l'Ukraine n'est pas du tout améliorée avec la sortie d'une telle publication. "

 

Le journaliste qui a le premier signalé le plagiat, Serhiy Leshchenko, a comparé le livre de M. Ianoukovitch à ceux d'autres dirigeants du monde entier, dont les best-seller américains écrits par Bill Clinton et Dick Cheney, et a écrit que le président ukrainien avait torché son travail par "un banal plagiat". Il a enquêté sur la copie présumée dans le journal en ligne Ukrayinska Pravda.

 

L'article comporte des passages en anglais qui auraient été chipé à au moins six autres sources, dont un discours sur la réforme agraire et un article de 2007 provenant du Collège de Science Politique pompé sur Internet.

 

Certains passages sont quasi-identiques à ceux extraits d'une histoire parue en mars dans le magazine ukrainien Korrespondent, comme le rapporte l'Associated Press.

 

Au début de Septembre la traductrice du livre, Kostyantyn Vasylkevych, a déclaré qu'il était responsable de la suppression des références aux sources du texte, dans le but de rendre le livre plus «facile à lire", comme le rapporte Radio Free Europe. Et le mois dernier une association d'écrivains autrichiens, préoccupée par les accusations, a décidé de ne pas faire la promotion du livre à la foire internationale du livre qui se déroulait à Francfort en octobre. Selon Radio Free Europe, M. Vasylkevych a refusé de parler de cette question ou de fournir son manuscrit.

 

Les efforts déployés par M. Ianoukovitch, leader à la poigne de fer qui a été élu de justesse en 2010, pour intégrer le pays plus étroitement à l'Europe occidentale ont capoté ce mois-ci après qu'un tribunal ait prononcé une peine de prison sévère à l'encontre de la chef de l'opposition ukrainienne, Ioulia Timochenko, comme le rapporte le Times. L'Union européenne a réagi à cette condamnation par un brusque report de la rencontre avec M. Ianoukovitch, et ce jusqu'à une date indéterminée.

 

Alexander J. Motyl, professeur de sciences politiques à l'université Rutgers, a vu le présumé plagiat comme un indicateur de l'incompétence générale au sommet du gouvernement ukrainien. Sur son blog sur le site du bimensuel américain World Journal, il écrit:

 

« Une explication possible est que l'entourage de Ianoukovitch ne savait pas réellement que ce qu'ils faisaient était du plagiat. Est-ce possible? Bien sûr, mais dans ce cas, ces punks ne devraient pas diriger un pays. Ils devraient être cireurs de chaussures à la gare de Grand Central Station. Vous pouvez pardonner à un type ordinaire son ignorance de la mécanique quantique, mais pour les gros bonnets politique d'un pays important ne pas connaître les règles élémentaires de la citation est impardonnable. »

 

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